En guise d’introduction

Par définition, la généalogie devrait être restreinte au « dénombrement […] des membres d’une famille ». Si la collection d’ancêtres apporte effectivement une satisfaction réelle, elle ne constitue à mon sens pas une fin en soi dès lors que l’on cesse de considérer ceux-ci comme de simples combinaisons « nom, prénom, naissance, décès », exposés dans un tableau ou sur un arbre comme autant de trophées de chasse, et qu’on accepte de les envisager comme des individus à part entière doués de raison et de sentiments, évoluant au sein d’un milieu familial ainsi que dans un contexte politique, historique et économique qui leur est propre. Ce changement d’approche entraîne un changement de définition : la recherche d’ancêtres, loin d’en constituer la finalité, se trouve désormais à la base de la démarche généalogique, le but consistant à donner du sens, de la matière à cet enchevêtrement de noms et de dates.

Le généalogiste doit alors endosser plusieurs habits : chercheur, historien, sociologue, chroniqueur et j’en passe. Cette accumulation de casquettes requiert un investissement conséquent et constant à l’origine de périodes de frustration extrême suivies de moments de grande euphorie. Si elles ne s’étaient pas posées avant, plusieurs questions finissent par surgir : « Pourquoi tous ces efforts ? », « Que faire du résultat de mes recherches ? ». En ce qui me concerne, la réponse est venue en deux temps : ce fut d’abord pour le plaisir de la découverte et de l’apprentissage ; depuis peu s’y ajoute celui de l’échange et du partage. Quel est dès lors le meilleur moyen d’y parvenir ? À qui souhaite-on s’adresser ? Au plus grand nombre ou uniquement à la famille ? Dans les deux cas, le blog se révèle être le medium idéal : accessible à tous, personnalisable à l’envi et par nature propice à l’échange et au partage.

Peut-être est-ce le contact répété avec les vieux livres ou simplement le désir de donner une forme concrète à mes recherches mais mon objectif à moyen terme est de rédiger une chronique familiale. J’entends par là : tenter de redonner vie à mes ancêtres à travers une multitude d’arrêts sur images et mettre en évidence la chronologie qui aboutit à ma famille actuelle, le tout sur une une période aussi étendue que possible – probablement de la du fin XVjusqu’au milieu du XXe siècle. L’objectif est ambitieux, seul le temps dira s’il l’était trop, et les deux principales difficultés seront je pense d’une part de traiter les différentes époques ainsi que les différentes branches sur un pied d’égalité malgré les grandes variations de quantité et de qualité des documents disponibles pour chacune ; d’autre part d’assurer une forme de continuité tout au long du récit de manière à ne jamais perdre de vue qu’il s’agit là de l’histoire d’une seule et même grande famille.

Je conçois donc ce blog comme un terrain d’expérimentation qui me permettra dans un premier temps d’avancer sur les points suivants :

  • Déterminer les grands sujets à aborder, vérifier leur viabilité – le matériel présent suffit-il à la rédaction d’au moins un chapitre ? – et leur pertinence – participent-ils à améliorer la compréhension de l’histoire familiale ?
  • Atteindre un juste équilibre entre réalité historique dûment argumentée et passages romancés afin de ne tomber ni dans une dissertation inaccessible au plus grand nombre, ni dans une vulgarisation à outrance.
  • Établir un fil directeur qui assurera une certaine cohérence entre des chapitres nécessairement hétérogènes du fait de l’importante période historique couverte sans avoir pour cela recourt à un « ancêtre narrateur » qui ferait basculer le livre dans la fiction pure.

Lorsque j’estimerai avoir suffisamment travaillé sur ces différents aspects, il sera temps de se tourner vers d’autres problèmes sur lesquels je reviendrai en temps voulu. Le blog étant un outil de partage, j’espère également pouvoir compter sur le plus d’idées et de critiques possibles qui m’offriront le recul nécessaire que je ne manquerai certainement pas de perdre au fil de l’avancement de mes travaux.


N.B. : Cet article est également ma contribution au Généathème de septembre 2014, formidable initiative de Sophie Boudarel de La gazette des ancêtres.

2 commentaires sur “En guise d’introduction”

  1. Merci Frédéric pour la mention.
    J’aime beaucoup l’idée du blog comme terrain expérimental, et votre plan de travail nous promet de belles recherches et de beaux articles.

    Au plaisir de vous lire.
    Sophie

  2. Bonjour,
    Je me retrouve dans ce que vous dites, c’est bien écrit et très agréable à lire, alors longue vie à votre blog et au prochain article 😉

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